Révolutionnez vos prises de notes avec le sketchnoting

En quelques mots, le sketchnoting c’est : une méthode visuelle de prise de notes.
Le sketchnote est le produit de cette méthode, le plus souvent réalisé sur une feuille
de papier format A4. Il permet de sortir du système habituel de prise de notes
linéaires qui utilise uniquement les mots. De très longues files de mot… Le
sketchnote est un mix, personnalisé par chaque sketchnoteur, à mi-chemin entre
dessins et schémas. Il s’agira de combiner des mots et des éléments graphiques
pour représenter de l’information. Il est bon de rappeler que cette méthode ne
demande aucun prérequis et est par conséquent accessible à tous.
Gardez bien à l’esprit que le sketchnote c’est avant tout de la prise de note pour soi.
Bien sûr il est toujours possible de partager vos notes. Mais la finalité première est
que vous, lorsque que vous relirez vos notes, vous puissiez saisir avec aisance un
maximum d’informations et en particulier les points clefs à retenir.

Utilisation du sketchnoting

Comme dit plus haut, le sketchnote que vous produirez sera en premier lieu utilisé par vous. Cela signifie que votre première contrainte sera d’être capable de vous relire et de retrouver rapidement les informations que vous devez retenir. Vous ne faites pas cela pour les autres. Dans sa construction, le sketchnote se compose d’un titre (ou point d’entrée) avec les éléments de contexte, et vient ensuite le corps du sketchnote où se combinent différents éléments (conteneur, séparateur, connecteur, typographie, pictographie…). Les mots et les éléments graphiques présents vous permettent de structurer l’information pour la clarifier au maximum.

Les différences avec les autres outils de la pensée visuelle

Il arrive que le sketchnote soit confondu avec la mind map (également appelée
carte mentale ou carte heuristique). Cette dernière est aussi un outil de la pensée visuelle mais sa structure est totalement différente. Bien qu’elle ait un point d’entrée, celui-ci sera en général central et appelé le cœur de carte. Viennent ensuite des ramifications qui partent de ce cœur de carte. D’abord les banches de premier niveau, puis des branches de deuxième niveau qui s’appuient sur les précédentes et ainsi de suite. Le tout associé à des mots clefs et des pictogrammes.

Medaille de bronce

Comparé à un sketchnote, les règles structurelles de construction d’une mind
map sont beaucoup plus contraignantes. Le point fort de la mind map est sa
précision dans la restitution de l’information grâce aux nombreuses interconnexions entre les différents éléments qui la composent. Elle se prête par exemple très bien à l’analyse de besoins client. Le sketchnote, quant à lui, est plus fluide et agréable
à utiliser au quotidien. Et cela car il est bien plus permissif et libre dans sa
forme.

Comme vu un peu plus haut, la facilitation graphique est un outil de la pensée
visuelle. Concrètement son produit prendra la forme d’un sketchnote à grande
échelle, sorte de grande fresque graphique. Mais ici l’enjeu est la transmission
claire d’informations à destination d’un public et non uniquement une restitution à
titre personnel comme c’est le cas du sketchnote. Un facilitateur graphique va
recueillir les échanges d’un groupe et les mettre en forme dans cette fresque
visuelle.

Le résultat est alors à destination du groupe de travail à l’origine des échanges. Le but est de permettre au groupe de mieux réfléchir à une problématique à un instant T et par la suite de mieux retrouver le processus de réflexion à posteriori. La fresque n’est donc pas forcément pensée pour une diffusion à un plus large public. Nous pourrions presque dire que cette fresque visuelle est un sketchnote de groupe réalisé par un expert en facilitation graphique.

Un peu d’histoire…

La prise de note sous forme de dessins et de schémas n’est pas une pratique récente, bien au contraire. Je vous renvoie par exemple aux planches du célèbre Léonard de Vinci. Ces planches vous les avez certainement déjà aperçues dans un
livre, un musée ou un documentaire. Il avait pour habitude de prendre des notes visuelles et de décrire ces notes. Qu’il s’agisse de son exploration de la physiologie du corps humain ou encore de l’élaboration de ses machines et de l’explication des
mécanismes. Bien d’autres personnages célèbres avaient déjà adoptés naturellement un système de prise de notes visuelles, avec dessins ou schémas accompagnés d’un descriptif. Néanmoins parmi ces planches certaines témoignent de difficultés de mise en espace de l’information, en particulier lorsque les connexions entre les divers éléments se faisaient nombreuses.

Dans les années 2006, l’Américain Mike ROHDE, designer informatique, va formaliser la prise de notes visuelles dans une méthode qu’il nommera le sketchnoting. Il sortira alors un premier livre traduit en français : « Initiation au sketchnote ». L’agencement de l’information et du design dans les structures informatiques lui sont familiers et il s’en inspirera grandement dans l’élaboration de sa technique de sketchnote. Son style se caractérise par sa simplicité, l’emploi du
noir et blanc et un recours soutenu différents types de typographie. Donc le sketchnoting formalisé de la manière dont il va vous être présenté ci-dessous est plutôt récent, mais la prise de note visuelle, elle, est bien plus ancienne.

Les éléments techniques

1) Du texte :
Avec une action sur la typographie, c’est-à-dire en jouant sur la façon
d’écrire graphiquement les lettres et les mots. Cela va permettre de mettre en évidence le niveau d’importance de l’information. Vous choisirez une
typographie pour vos titres, vos sous-titres, pour les éléments clefs, etc. 3 typographie sont en général un minimum pour sketchnoter correctement.
Rassurez-vous, il est très facile de créer des typographies légèrement
personnalisées à partir d’une typographie de base que vous aurez choisie.
Un travail de calibrage de votre écriture peut néanmoins être nécessaire afin que vous développiez une écriture parfaitement lisible. En sketchnoting il est coutume de dire que vous n’écrivez pas, vous dessinez vos lettres.

2) Des éléments graphiques :
Aux côtés du texte, ces éléments sont indispensables pour la bonne utilisation de la pensée visuelle. Dans votre boîte à outils vous trouverez plusieurs éléments graphiques permettant la gestion et l’organisation de l’information sur votre sketchnote.
Les conteneurs, qui sont les zones qui contiennent l’information.
Les séparateurs, qui viennent différencier les informations.
Les connecteurs, qui jouent le rôle inverse des séparateurs en reliant
des informations, ou des blocs d’informations, entre eux.
Les listes à puces, qui ordonnent et clarifient l’information.
Les couleurs, avec un processus d’application bien spécifique au
sketchnote.
Les pictogrammes, qui viennent renforcer une idée, un concept, en l’imprimant de façon très visuelle dans l’ensemble. Ils font appel à votre sens représentatif personnel.

3) Les trames de structuration :
Elles vont vous permettre de répondre à la question : « Mais comment vais-je pouvoir organiser l’information sur la feuille quand je prends mes notes en live ». Vous les suivrez rarement de manière stricte, et ce n’est d’ailleurs pas le but. Mais en les connaissant, lorsque vous serez en situation de prise de notes, vous aurez rapidement à l’esprit la trame la plus adaptée à la situation. Vous pourrez ainsi commencer à organiser l’information de manière efficace sans être piégé par une disposition inadaptée de l’information sur votre feuille. Et si vous faites un sketchnote à partir d’un texte par exemple, il vous sera aisé de sélectionner la ou les bonnes trames (car vous pouvez les mixer) pour obtenir le sketchnote le plus adapté qui soit.

La pratique du sketchnote

Voici quelques conseils pour votre bonne pratique du sketchnote. Le premier est que lorsque vous prenez des notes, veillez à aller du global vers le détail.
Concrètement cela signifie que, contrairement à la prise de notes traditionnelles où vous commencez en haut à gauche de votre feuille et où vous terminez en bas à droite en notant tout ce qui vient à vos oreilles, ici vous noterez en premier lieu les informations les plus importantes. Vous placerez les éléments graphiques principaux.
Puis vous finirez par le détail. La structuration se fait au fur et à mesure de la prise de notes. Les éléments de mises en couleurs, les ombrages, certains conteneurs et séparateurs seront ajoutés à la fin. Ils sont anticipés pendant la captation. La priorité en live est de saisir les mots clefs et placer quelques pictogrammes, le reste est
finalisé ensuite. Nous pouvons donc distinguer 3 étapes dans la prise de notes :

– La préparation, pendant laquelle vous créerez votre titre et les éléments de contexte. Toujours avec ce principe d’aller du global au détail.
– La captation, durant laquelle vous basculez dans un état d’écoute active. Cela vous permet de partir à la recherche des idées clefs dans le discours ou le texte que vous synthétisez, et de les organiser sur votre feuille.
– La finalisation, où vous allez venir habiller votre sketchnote avec ses éléments structurants. Conteneurs, séparateurs, listes à puces… à vous de venir piocher dans votre boîte à outils pour embellir votre prise de notes. Vous n’aurez pas le temps de le faire durant le live. Donc à la fin d’une conférence par exemple, vous préserverez 10, 15 ou 20 minutes pour cette étape. Ce temps dépend du niveau de finition et de détails que vous voulez apporter à votre sketchnote.

Après un peu de pratique, si vous respectez ces étapes et que vous vous familiarisez avec les outils, vous verrez que cette méthode est accessible et rapide à mettre en œuvre pour un résultat graphique qui vous surprendra agréablement.
Un autre conseil est de commencer simple. Inutile d’encombrer votre boite à pictos de 50 pictogrammes, ou encore de vouloir utiliser 10 types de typographie différents. Plus vous aurez de choix, plus cela viendra rendre ce choix long et difficile, au détriment de vote écoute. Limitez-vous au début et enrichissez votre stock au fur et à mesure que vous montez en compétences. L’implémentation des éléments graphiques à votre disposition se fera naturellement avec votre progression
dans la pratique.

Un dernier mot sur la place des pictogrammes. Certaines personnes hésitent à se lancer car elles redoutent de ne pas savoir assez bien dessiner pour utiliser ou créer des pictogrammes. Alors oui, tout le monde peut créer et utiliser des pictogrammes. Un pictogramme n’est pas un dessin artistique. Quel que soit l’outil de la pensée visuelle utilisé, il n’y a jamais d’utilisation du dessin artistique, le sketchnote ne fait pas exception.

Le but avec l’utilisation des pictogrammes est de transformer une idée, un concept, en un dessin simple et représentatif. Cela peut s’acquérir rapidement auprès d’un formateur en travaillant avec méthode. Des traits et des formes simples, des jeux optiques avec par exemple de l’ombrage, et le tour est joué. Encore une fois, notre but est l’efficience cognitive, c’est-à-dire comment je peux traiter
l’information le plus efficacement possible, dans ses différents aspects. Inutile de vous dire que passer des heures en dessin d’art serait plutôt contre-productif dans ce
contexte.

pictogrammes

Voyez l’utilisation des pictogrammes dans vos sketchnotes comme la cerise sur le gâteau, mais ce n’est pas le plus important. Votre priorité doit avant tout être de noter clairement sous forme de texte les idées clefs, d’une manière très lisible, et de bien les interconnecter entre elles. Vous devez créer votre système d’informations personnalisé.

À vous de jouer !

Si le sketchnoting, et plus généralement les outils de la pensée visuelle, vous intéressent, mon ultime conseil est de vous former. Cela vous permettra de gagner du temps. Se lancer seul dans son coin c’est prendre le risque de se
décourager rapidement et de passer à côté d’éléments important de cette méthode.
Le travail en groupe vous montrera toutes les erreurs de débutants qu’il est possible de faire mais ainsi vous n’aurez pas à les faire toutes par vous-même. En effet vous bénéficierez également des erreurs des autres ! L’erreur fait toujours partie du processus d’apprentissage et la correction doit être la plus adaptée possible. Et c’est précisément ce qu’un formateur vous garantira : un apprentissage accéléré grâce à la réflexion collective et à la force de l’expérience.

Le dernier secret, une fois formé, c’est de pratiquer, pratiquer et pratiquer encore. À chaque occasion qu’il vous est donné profitez-en pour construire un sketchnote. Lorsque vous aurez commencé à sketchnoter, vous réaliserez que votre manière de traiter l’information a changé. Vous allez l’écouter d’une façon différente, vous la traiterez de à votre façon. Vous vous l’appropriez bien plus en profondeur que dans un processus classique de prise de notes. En procédant ainsi vous allez activer votre mémoire épisodique, ce qui aura pour effet d’ancrer en vous le moment que vous vivez. Le lieu, la personne, les informations collectées. Et quand vous reviendrez sur votre sketchnote, parfois des années plus tard, vous serez en mesure de ressentir à nouveau le moment au cours duquel vous avez effectué cette prise de notes. Et le plus important : amusez-vous dans votre apprentissage, vous n’en serez que plus créatif !

Merci à  à Kevin Maitre pour son aide à la rédaction de cet article

Luz Angelly TORRES

Luz Angelly TORRES

Révélatrice de potentiels
Formatrice à l'Institut Gautier
www.luzangellytorres.ch
www.neurodanse.ch

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